LE RAVISSEMENT DE LA MARCHE

Si le poème est l'expression d'une présence au

monde particulière, le haïku en serait la quintessence

par son expérience condensée, sa contraction

de l'instant. Sa brièveté, proche du silence, capable

dans son dépouillement de saisir une « entièreté »,

fait du haïku le compagnon idéal des marcheurs.

Aussi fugace et fulgurant qu'un émerveillement, il

se rumine en contemplant d'autres ruminants,

jusqu'à atteindre l'extrême justesse.

Anne-Lise Blanchard aime à parcourir les Alpes,

un espace qui traverse son écriture. Elle a publié

une vingtaine de livres dont plusieurs de haïkus.

Avec cinq encres de Sabine PÉGLION

 

L'ATELIER
DU GRAND TETRAS

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Couverture avant et arrière de Epitomé

Un combat contre l'ange
Quand on lit les textes d'Anne-Lise Blanchard, à la condition de se refuser à toute lecture superficielle, rapide ou préorientée, on est amené - dons la douceur - à admettre que la seule concession que nous ayons le droit de faire, c'est à la vie, et à rien d'autre. Avec son écriture épurée, lisse et discrète, Anne-Lise Blanchard s'écarte de la tendance actuelle où l'on voit, dons toute sa suffisance, le «moi» supplanter le «je», ce qui appelle déjà ou combat. Je voudrais évoquer par conséquent le magnifique tableau de Delacroix qui orne la chapelle sud de l'église Saint-Sulpice - haut lieu poétique s'il en fût - représentant le combat de Jacob contre l'ange. Jacob se trouve à la croisée de deux chemins, dont l'un descend vers la foule, la fureur et la poussière dans de vains combats, et dont l'autre se voit barrer le passage par un ange musclé. Mais Jacob est déterminé; il a posé ses bagages inutiles, il a jeté sa lance qui pointe en direction de ce sentier qui gravit la montagne à travers une épaisse forêt. Loyal jusqu'au bout, il affronte à mains nues l'ange qui le retient à la façon d'un sparring partner. On sait que Jacob forcera le passage. En effet, ne vous y trompez pas ! Cette petite femme de 40 kilos, elle vous le fera tomber, l'ange; c'est une combattante, elle en a vu, elle en a fait, elle en a écrit. Comme le moine zen de la légende, elle marche lentement vers le lecteur, elle avance une main, et elle le fait tomber à genoux devant la réalité, devant la vie. C'est un poète, je vous dis.
Jacques André

Jacques André Editeur, 2019

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Poésie du suspens et de l’interruption, le recueil d’Anne-Lise Blanchard se donne à lire dans sa brièveté même, comme une sorte de carnet de bord qui ne retient de l’écriture que ces moments d’intensité qui électrisent les mots du poème, égrenés au fil des pages. C’est à travers son lexique que se fait entendre la voix singulière qui résonne à l’oreille du lecteur. Une voix qui « appelle le silence à tout entière l’emplir pour qu’y germent des chants de lumière ». Ainsi chacune des pages de l’Épitomé se présente sans titre mais se termine par une note lapidaire, placée en contrepoint au poème. Une manière d’affûter encore le caractère elliptique de la parole poétique, sorte d’abrégé comme l’indique le titre, condensé d’une histoire où le corps et son lexique mis en scène occupent la première place....

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» Et de quoi
se mouillent tes yeux
sinon d’un saignement du ciel
intérieurement
extérieurement
intérieurement
qui ne tarit «
   Dédié à la mémoire du poète Jeanpyers Poël, l’ouvrage composé de deux textes de formes dissemblables et à l’écriture dense et resserrée, s’ouvre sur une exergue     signifiante et un titre qui d’emblée condensent
l’essence de notre humanité, la vie et la mort....


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Arcanes de l’être

Le titre indique(rait) une sorte d’abrégé. Mais moins du mort et du vif que de l’écritureelle-même. Anne-Lise Blan­chard choi­sit en effet l’esthétique de la
frag­men­ta­tion et de ladis­til­la­tion plus que de la lal­la­tion. Deux seg­ments en chaque page forment un jeu de “repons” avant que, dans le second moment du livre
(“Glaise”), ce qui s’enfonce et se dérobe forme une pâte plus souple à l’oreille. 
A l’obstruction fait place ce qu’il fau­drait nom­mer “glis­sure” du dehors au dedans dans le “Clair non clos” jusqu’aux “Racines de chair”.....

 

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Comme « abrégé d’un ouvrage antique », selon la définition du Petit Robert, « épitomé » s’applique sans doute à cette étude sensible des traces du vivant et du disparu, selon un regard qui puisse énoncer ces relations intimes avec le temps auquel nul ne peut déroger, selon une écriture très elliptique qui force à la densité quand elle énumère ce que la nature éveille et rétrécit et fait vieillir.

Le corps vieillissant, la traque de la moindre ride nous conduisent inexorablement de l’autre côté du vif, encore faut-il ne pas négliger ces cheminements entre « glaise » et l’air qui nous convainc d’être bien vivant.

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Couverture avant et arrière de Le soleil s'est réfugié sous les caillouxLe Soleil s'est réfugié dans les cailloux
"Matin ou soir
peu importe
les cloches nous ponctuent"
En août 2014, en Syrie, Anne-Lise Blanchard découvre les villes fantômes de Qousayr, Homs. Les maisons des quartiers chrétiens ont été incendiées pour empêcher tout retour, une bombe a été placée dans la cathédrale de Homs. Elle écoute les paroles des déplacés en Syrie, des réfugiés au Liban. «Je les recueille comme de précieux fragments d'une vérité dénaturée, d'un quotidien ignoré». «Nous vivons l'oecuménisme du sang» affirme en juin 2015 le patriarche catholique melkite d'Antioche. Ce sang répandu, comme la dignité rencontrée, Anne-Lise Blanchard avait promis d'en rendre compte. «Le danger sera là bientôt, chez vous, donc il faut être vigilant, éveillé, être vrai. "L'Occident est complètement endormi"  avertit le Père Ephrem, dominicain irakien. De manière bouleversante, Le Soleil s'est réfugié dans les cailloux fait résonner poétiquement cet avertissement.
Qu'elles mettent en branle / qu'elles suspendent / nos gestes // avec jubilation / elles traversent emportent / nos corps écrivant / la page du commun ouvrage.
Anne-Lise Blanchard nomadise entre les Alpes, Lyon et le Proche Orient où elle oeuvre avec une organisation humanitaire auprès des chrétiens persécutés (SOS Chrétiens d'Orient).

 

AD SOLEM Editeur

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Poèmes d’humanité, de résistances et de foi. Elle raconte l’enfer, donne parole à la langue emmurée
Elle écrit les enfants pris par Daesch, la terreur et l’inconcevable. Et parmi les prières, cette phrase : Seigneur nous as-tu oubliés ?

Silence trop lourd sur Araden
au détour de la montagne
des ombres s’affairent
les yeux remplis de neige
Au coin du cœur veille
un coquelicot
qui garde entrouverte
la porte du retour

Cécile Guivar’ch, Terre à Ciel, 15 janvier 2018

https://www.terreaciel.net/Hep-Lectures-fraiches-Janvier-2018

Extrait :

Trans|Poésie. Survivant

Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.
LE MONDE |  | Par Didier Cahen

En août 2014, Anne-Lise Blanchard (née en 1956) découvre les villes fantômes de Qousayr et Homs en Syrie. Elle écoute les témoignages des victimes et leur promet   d’en rendre compte. Ses mots, portés par l’espérance des chrétiens, épousent l’effondrement du monde et de la raison.


Le Monde, 19 octobre 2017

Philippe Leucks, recoursaupoeme.fr, 30 septembre
Extrait:

Les guerres cruelles qui sévissent aux quatre coins de la planète suscitent aussi le sursaut. A commencer par la  guerre en Syrie qui amène Anne-Lise Blanchard à prendre fait et cause pour les chrétiens d’Orient. Elle le fait à la suite de déplacements sur place dans le cadre d’une organisation humanitaire œuvrant précisément pour ces chrétiens persécutés. En août 2014, elle découvre ainsi  les villes fantômes de Gousaye , Homs et Maaloula. « Cette dernière, rappelle-t-elle, est une bourgade syrienne connue du monde entier parce qu’on y parle encore la langue du Christ, l’araméen »...

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Quatre recueils de poésie dont « Le soleil s’est réfugié dans les cailloux »

Extrait:
« Qaraqosh/Non ce n’était pas une chimère/j’étais parmi ceux qui vivaient là/dans la nuit des consciences/à l’ouest du continent. »
Dans son dernier recueil, la poétesse Anne-Lise Blanchard, partie cinq mois en 2014 auprès des populations meurtries par la guerre syrienne, livre un bouleversant témoignage du martyre infligé aux chrétiens du pays.

 

Malo Tresca et Françoise Siri
Journal La Croix 22 juin 2017,

  Couverture avant et arrière de Ascèse des corps

 

 

 Puits d'étoupe de
sons étouffés
échine reptile
de feu
L'écart ou la suspension
devenir passage

Anne-Lise Blanchard

 

L'écriture confère corps et voix à la pensée muette,
La feuille porteuse de ce langage la transmet
à travers les siècles

Friedrich Schiller

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Couverture avant et arrière de Eclats 

 

 


"Bolée de vert
qui ruisselle
d'aimables borborygmes pêle-mêle

 

érables
hêtres
chènes
fouillis d'étincelles vertes"

 

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Couverture avant et arrière de Un jour après l'autre

 

Une jeune fille se sourit à
elle-même, de ce sourire
qui avance le menton et
plisse les yeux. Elle prend
le temps, arrondit le geste,
polit ses mots. Elle l'imagine
la regardant se mouvoir, le
temps d'un brossage devant
la glace, le temps de choisir
un foulard, le temps de se
tenir de profil pour vérifier la
courbe des seins, le temps
de .

Un jour après l'autre
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 Couverture avant et arrière de  Anonyme Euphorbe

"Je sillonne un marché luxuriant qui se donne,

qui demeure, j'y cherche vos pas qui se dérobent.
J'articule le blanc de votre nom face au relief proche
et boisé d'un jardin carré et je me dilue dans ce proche
lointain où vous me détailliez en aveugle. Presque
prête je me déroulais, palimpseste encore à déchiffrer."

Anne-Lise Blanchard est née à Alger, a grandi à Vénissieux et
vécu à Lyon avant de migrer vers la lumière languedocienne.
Elle a eu trente-six professions, ne sait rien faire de ses mains, lit
ici et là, notamment à la Maison de la Poésie du Languedoc, et
parfois en lecture-spectacle. Collaboratrice de la revue Verso,
elle a publié une vingtaine de recueils de poésie et de nouvelles.


Après une formation de professeur de travaux manuels, de
design et des stages en céramique, Vio explore les rencontres
des couleurs sur divers textiles. Du mouchoir aux bannières de
cinq mètres, son écriture picturale est actuellement basée sur
l'empreinte des plis ... Depuis 1995, elle travaille avec des poètes
et s'amuse à mettre des couleurs en regard des mots ...

http:/ /www.artvio.fr/
Illustration de couverture : « Tranches de vie»
Anonyme Euphorbe

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Couverture avant et arrière de Copeaux de saisons

Riche d'une oeuvre déjà conséquente, Anne-Lise Blanchard vit à Lyon. Elle est
publiée chez plusieurs éditeurs. Parmi ses derniers titres :
Éclats, Éclats d'encre, 2010 ;
Anonyme euphorbe, Les Carnets du dessert de lune, 2009 ;
Un jour après l'autre, éditions Henry, 2009;
Le jour se tait, Jacques André éditeur, 2008.
Extrait de la préface de Jean-François Lavallard
Il est bien affûté le fer de rabot qui débite copeaux bouclés et odorants,
résultat d'un travail tout en finesse où il est question de vieux cèdre et de jeunes
feuilles, de figues fraîches et d'arbres qui s'enflamment.
Bien affûtés, surtout, les cinq sens d'Anne-Lise Blanchard, parfaitement
à l' aise au milieu d'une nature dont elle savoure les bienfaits. Lente dégustation
par petites gorgées d'un quotidien peuplé d'animaux familiers, d'un quotidien
que l' auteur assaisonne de ses découvertes et qui nous met en face d'une réalité à
portée de la main. Anne-Lise Blanchard parvient, avec une concision aiguisée du
verbe, à nous faire partager ses émotions devant des paysages - « tableaux pour
une vie » - que les saisons transforment pour nos yeux gourmands.

Copeaux de saisons

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Couverture avant et arrière de Le Jour se tait

LE JOUR SE TAIT - ANNE-LISE BLANCHARD
ANNE-LISE BLANCHARD crée l'espace. Elle fut danseuse, elle
crée l'espace où le corps évolue, l'espace du temps - pas de
temps sans espace; en fait il n'y a que de l'espace. Anne-Lise
Blanchard met en scène un espace prêt à se replier sur la
parole. Ou une parole prête à étouffer l'espace. D'où la
vigilance de la danseuse.
Ces images assez radicales résument, je pense, la poésie
d'Anne-Lise Blanchard. Quand on danse, il est essentiel de
savoir où l'on va poser le pied ou la main. Le poète fait
pratiquement la même chose avec des mots sans le savoir mais
Anne-Lise le sait. Voilà une démarche qui se définit de
l'intérieur. Toute la difficulté est là puisqu'il faut aller vers
l'extérieur pour apprendre : « ... il a bu la terre ... » dit-elle.
ALAIN WEXLER
Anne-Lise Blanchard, après une première vie
lyonnaise, a choisi la lumière du Languedoc. Elle vit
actuellement près du Canal du Midi.

 

 

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Couverture de Qui entend le jargon de l'oie

 

 

 

Qui entend le jargon de l'oie

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Couverture avant et arrière de Sur les paupières du ventAnne-Lise Blanchard nous convie dans les
poèmes de ce recueil à accueillir toutes les
surprises : merveilles végétales et colorées.
vols fugaces complices de nos yeux, lumières
posées Sur les paupières du vent.
Les oiseaux gorgés
d'air
vrillent
sur eux-mêmes,
le vent
se poudre de couleurs pastel
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